- 25 août 2026
- | Source: Projecto
Le baromètre du bâtiment repasse au-dessus de 100
Les PME du secteur de la construction perçoivent les premiers signes de reprise, mais restent prudentes
Pour la première fois depuis un certain temps, le secteur flamand de la construction montre à nouveau des signes d’amélioration. Le baromètre du bâtiment de Bouwunie s’élève à 100,1 au deuxième trimestre 2026, contre 98,8 au premier trimestre. Cet indicateur conjoncturel repasse ainsi au-dessus du seuil neutre de 100. Ce sont surtout l’activité, le carnet de commandes et la rentabilité qui s’améliorent. L’incertitude reste toutefois grande : la confiance dans l’économie est faible et de nombreuses entreprises ne disposent pas encore d’une marge de manœuvre suffisante pour investir.
Plus de projets en perspective
La demande de projets de construction et de rénovation s’est légèrement améliorée par rapport au premier trimestre. Un peu plus de la moitié des entrepreneurs du bâtiment (52 %) se déclarent satisfaits de la demande pour leurs services, tandis qu’un sur cinq se dit insatisfait.
Le carnet de commandes évolue également de manière favorable. Seuls 37 % des entrepreneurs ont encore moins de trois mois de travail en portefeuille, contre 41 % au trimestre précédent. Dans le même temps, 20 % des entreprises disposent d’un carnet de commandes de plus de six mois. Au premier trimestre, ce chiffre n’était encore que de 15 %. Le secteur revient ainsi au niveau qu’il avait atteint au milieu de l’année dernière.
La rentabilité rebondit
On constate également une amélioration en matière de rentabilité. Pour la première fois depuis longtemps, une nette amélioration est visible : 42 % des entreprises de construction sont satisfaites de la rentabilité de leur activité, tandis que 24 % se déclarent insatisfaites. Au premier trimestre, un tiers des entrepreneurs se déclarait encore insatisfait de la rentabilité.
63 % des entreprises de construction pratiquent des prix rentables
Les prix pratiqués confirment cette évolution positive. Près des deux tiers des entreprises (63 %) indiquent travailler actuellement avec des prix rentables. Un tiers atteint le seuil de rentabilité et seulement 4 % sont déficitaires.
L’impact du conflit au Moyen-Orient reste limité pour la plupart des entreprises. Bien que 79 % d’entre elles subissent un léger impact négatif dû à la hausse des coûts de l’énergie et des transports, cela ne se traduit pour l’instant pas par une forte détérioration de la rentabilité.
La confiance reste fragile
L’amélioration des résultats d’exploitation ne dissipe pas les inquiétudes économiques. La moitié des entrepreneurs (51 %) se déclare insatisfaite de la situation économique dans le secteur de la construction. Seuls 11 % s’en déclarent satisfaits.
Le pessimisme continue également de prédominer quant au climat économique général. Ainsi, 56 % des entrepreneurs du bâtiment s’attendent à une évolution économique négative dans les mois à venir. On constate toutefois une légère amélioration : au premier trimestre, ce chiffre s’élevait encore à 67 %. La part des optimistes a par ailleurs doublé, passant de 5 % à 10 %.
L’incertitude économique reste donc importante. Ce sont surtout la propension à investir des ménages et des entreprises ainsi que les perspectives économiques générales qui inquiètent les entrepreneurs.
Un peu plus de marge de manœuvre financière
La résilience financière des entreprises de construction s’améliore légèrement. Près de la moitié des entreprises (46 %) s’attendent à pouvoir honorer sans difficulté toutes leurs obligations financières au cours des prochains mois. La part des entrepreneurs qui s’attendent à rencontrer des difficultés financières passe de 20 % à 14 %.
En revanche, investir reste difficile. Plus d’un tiers des entreprises (35 %) s’attendent à ne pas disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour de nouveaux investissements. Seules 30 % d’entre elles estiment disposer d’une capacité d’investissement suffisante. Cela explique en partie pourquoi la confiance dans une reprise durable reste pour l’instant limitée.
Les effectifs restent stables
Peu de changements majeurs sont à prévoir sur le marché du travail. Plus de huit entreprises sur dix (83 %) prévoient de maintenir leurs effectifs au même niveau au cours des prochains mois. Seules 9 % prévoient une augmentation, tandis que 8 % s’attendent à une diminution.
L’évaluation de leur propre compétitivité reste également relativement stable. Seules 13 % jugent leur position concurrentielle faible, tandis que 22 % l’estiment forte.
Une amélioration encore fragile
Le Baromètre de la construction du deuxième trimestre indique que le recul observé début 2026 s’est provisoirement arrêté. Une activité accrue, un carnet de commandes plus rempli, une rentabilité en hausse et une meilleure résilience financière font remonter le baromètre au-dessus de la barre des 100.
On ne peut toutefois pas encore parler d’une reprise généralisée
Le pessimisme économique reste vif et la capacité d’investissement est sous pression. Les prochains trimestres devront montrer si l’amélioration actuelle marque le début d’une reprise durable ou s’il ne s’agit que d’un rebond temporaire.
Depuis 1996, Bouwunie établit le Baromètre de la construction en tant qu’indicateur conjoncturel pour les PME flamandes et les entrepreneurs indépendants du secteur de la construction au sens large, comprenant notamment le gros œuvre, les finitions, les installations et les travaux d’infrastructure. Une valeur supérieure à l’indice 100 indique une évolution conjoncturelle positive, tandis qu’une valeur inférieure à 100 signale une évolution négative.
L’enquête relative au Baromètre de la construction actuel a été réalisée en juin 2026 par Medallia Agile Research auprès d’un panel fixe de PME flamandes du secteur de la construction. Cela permet de comparer les résultats dans le temps et de suivre les évolutions. Depuis le premier trimestre 2026, un questionnaire modernisé est utilisé. La méthode de calcul et l’échelle de l’indice ont été conservées, ce qui permet de comparer les résultats avec la série historique.